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CHAMPOLLION |
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Celui que l'on désigne sous le nom de Champollion « le jeune », pour le distinguer de son frère Jacques-Joseph, dit Figeac, naquit dans la ville de Figeac { Lot }, le 23 décembre 1790. Il passe les dix premières années de sa vie dans la maison familiale. A 8 ans il découvre, après avoir appris à lire seul sur un missel, les auteurs classiques sous la férule d’un bénédictin.
A 10 ans son frère l'emmène poursuivre ses études à Grenoble, l'inscrivant dans les meilleures institutions et lui faisant suivre des cours particuliers. En 1802 il rencontre Joseph Fourier, nouvellement nommé préfet de l'Isère, membre de l'expédition d’Egypte. Fasciné par l'antiquité il apprend seul les langues orientales: Hébreu, Arabe, Copte. A seize ans il devient le plus jeune membre de l'Académie Delphinale, après avoir rédigé les premiers éléments d’une « Égypte sous les pharaons ».
L'année suivante il part suivre, à Paris des cours au Collège de France, à l'école des Langues Orientales, où il apprend le sanscrit et le persan. Il profite aussi de cette période pour perfectionner son arabe au sein de la colonie orientale de Paris. Exempté de la conscription grâce à son frère, il suit ce dernier à Grenoble où il prend la fonction de suppléant d’histoire à l'université. Après sa rencontre avec Napoléon et la défaite de ce dernier, les deux frères sont proscrits. Proscrits oui mais à Figeac où il se consacre à la musique, à l'archéologie locale et décide de créer une école près de son village de naissance. Cette école vit le jour à Grenoble non sans difficultés. Durant quelque temps il exerça ses dons de pédagogue dans son établissement à la notoriété croissante, consacrant ses temps libres à l’étude de documents égyptiens. En 1818 il épouse une grenobloise, Rosine Blanc, qui lui donnera en 1824 une fille, Zoraïde.
Mars 1821 l'insurrection libérale, dont il fait
partie, éclate à Grenoble. Il est considéré,
à la suite de ces événements, comme agitateur dangereux.
Il se voit contraint de quitter le Dauphiné, ce qui arrange les
jaloux de sa notoriété croissante et de ses connaissances.
De retour dans la capitale, grâce à l'aide de Figeac, secrétaire
particulier de Joseph Dacier, secrétaire perpétuel de l'Académie
des Inscriptions et Belles Lettres, on lui accorde la caution scientifique
de l'Académie. Le 22 septembre 1822 il expose un traité,
relatif à l'alphabet des
hiéroglyphes phonétiques,
connu de nos jours sous le nom de « Lettre à Monsieur Dacier
». Il rédige en 1823-1824 un «précis du système
hiéroglyphique», où il semble entrevoir la complexité
de l'écriture égyptienne, son évolution vers le hiératique
et le démotique. A cette époque il n’est pas le seul à
travailler sur le décryptage des signes égyptiens, avec pour
seule référence trilingue trouvée à ce jour,
la pierre de Rosette. Le
suédois Ackerblad et Sylvestre Sacy identifient le nom de
Ptolémée,
le physicien Young quant à lui identifie plusieurs signes. Mais
aucun n’avait compris la vraie nature du système égyptien.
Champollion grâce à sa connaissance du copte et à partir
du nom Ptolémée découvre la valeur des signes alphabétiques.
En comparant les texte grec et hiéroglyphique, il se rend compte
que l'égyptien utilisait trois fois plus de hiéroglyphes
qu’il n’y avait de mots dans le texte grec, ce qui lui confirme que le
système pourrait employer conjointement des signes idéographiques
et phonétiques.
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Lettre à M. Dacier..., page de titre, 1822. |
Manquant de sources documentaires il part pour Turin, où il peut séjourner de 1824 à 1825. Dans cette ville, il classe la collection Drovetti et découvre dans une pièce un papyrus comportant une chronologie pharaonique, connu de nos jours sous le nom de « canon royal de Turin ». Pour le travail réalisé, il est élu membre de l'Académie des Sciences de Turin. A Paris en 1826 il est nommé au Louvre comme conservateur de la division des monuments égyptiens et orientaux, nouvellement créée.
En 1828 son rêve se réalise, il part pour l'Egypte. Hormis son groupe, constitué d'un petit nombre de scientifiques et de dessinateurs, il sera accompagné dans ce voyage par une équipe toscane, dirigée par son ami Ippolito Rosellini. Durant 18 mois l'équipe internationale parcourt le Nil du Delta au Soudan. Pour récolter le plus possible de documents le groupe sera divisé en deux équipes aux tâches bien définies. Durant ce voyage, il obtient de Méhemet Ali, vice-roi d'Égypte, la promesse de don de l'Egypte à Paris d’un obélisque de Louxor.
Il rentre en France en 1829 avec une moisson de relevés, mais très fatigué. Il est élu à l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, en 1831 on crée pour lui une chaire d'égyptologie au collège de France. De santé fragile et écrasé de travail, il s'éteint le 4 mars 1832 à l'âge de 42 ans, laissant son oeuvre et une masse énorme de travaux inachevés. Figeac publie la « grammaire » de son frère en 1836.
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Dernière mise à jour : 26/01/2003
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