Menu

FOUILLES ET DECOUVERTES
1999

Logo DEUX TERRES

 

 Février

La plus ancienne écriture.

L'Egypte serait sortie de la préhistoire plus tôt qu'on ne le pensait. L'écriture y aurait été inventée dès 3300 av. J.-C., à l'époque prédynastique, et donc avant que les Sumériens de Mésopotamie ne l'inventent à leur tour. Une équipe d'archéologues allemands dirigée par Gunter Dreyer a mis au jour à Abydos, dans le tombeau du roi Scorpion Ier " découvert en 1988, plus de 300 tablettes d'argile couvertes de dessins d'animaux et d'objets, préfigurant le futur système d'écriture dynastique, les hiéroglyphes. Pour le chercheur allemand, il ne fait aucun doute qu'il s'agit bien d’une écriture.
Environ les deux tiers des tablettes ont été déchiffrées. Il y est question de relevés fiscaux sur le lin et l'huile, de listes de rois et d'institutions. Selon Gunter Dreyer, l'écriture égyptienne n'a pas été inventée exnihilo. Elle résultait de certaines nécessités économiques. Plus le royaume était grand, plus les charges administratives étaient complexes, notamment la collecte des impôts en nature. L'écriture a donc été le moyen de contrôler et d'enregistrer efficacement le trafic des denrées vers la capitale royale. Huit siècles avant les pyramides, la civilisation égyptienne avait déjà découvert le bonheur des taxes.

 

 Mai

Découverte d'une galerie souterraine antique au Caire.

Une galerie souterraine romaine, vieille de 2.000 ans, a été découverte sous des immeubles et sous une rue de la rive ouest du Nil du Caire, a annoncé mercredi le Conseil supérieur des antiquités (CSA).
Une mission du CSA, dépêchée sur les lieux pour entreprendre des fouilles, a découvert une galerie souterraine de 17 mètres sous plusieurs immeubles et sous la corniche du Nil, ainsi que des pots de l'époque romaine" (30 av. JC- 395 ap. J.C), selon M. Gaballah. Cité par le quotidien gouvernemental égyptien al-Goumhouriya, le responsable du CSA a estimé que le tunnel "pourrait faire partie de la forteresse de Babylone", une construction romaine qui protégeait le Vieux Caire, sur la rive ouest du Nil, d'autant qu'il se trouvait presque en face d'elle.

 

 Mai

 Découverte d'une route peut être empruntée par Moïse en Egypte.

Un archéologue égyptien a annoncé jeudi avoir découvert une route désertique reliant le Nil et le Sinaï, qui pourrait avoir été empruntée par Moïse, fondateur de la religion et de la nation d'Israël, pour conduire le peuple juif hors d'Egypte, il y a plus de 3.500 ans.
Interrogé par l'AFP, le professeur Mahmoud Abdel Razik a indiqué que "cette route, longue de 200 km environ, s'étend de Aïn Chams ou de Hélouane (banlieues nord ou sud du Caire) à Aïn al-Sokhna, sur la rive ouest du Golfe de Suez".
M. Abdel Razik a indiqué avoir "découvert tout au long de cette distance des puits taris mais qui étaient utilisés à l'époque de l'ancienne Égypte et qui prouvent l'existence de cette route désertique". En outre, "près d'Aïn al-Sokhna, nous avons découvert des textes hiéroglyphiques gravés dans un rocher et qui annoncent des expéditions vers le Sinaï comptant plus de 4.000 personnes à l'époque de la XVIIIe dynastie (1580-1314 av. JC), sous le régne d'Aménophis Ier et d'Aménophis II, a-t-il dit.
M. Abdel Razik n'a pas voulu localiser exactement le lieu de l'inscription, affirmant ne pas avoir achevé sa "découverte et ne pas souhaiter voir d'autres chercheurs venir sur place". "D'habitude, les expéditions vers le Sinaï à l'époque des dynasties pharaoniques comptaient 700 personnes seulement en moyenne et étaient destinées au développement des carrières de la péninsule", a-t-il noté. "Nous poursuivons nos fouilles dans la région de Aïn al-Sokhna dans l'espoir de retrouver d'autres inscriptions qui expliqueraient l'objectif des expéditions d'Aménophis Ie et d'Aménophis II. "Le nombre important de personnes permet de croire que ce n'était pas lié à l'exploitation des carrières du Sinaï, mais plutôt à l'exode de Moïse d'autant que le rocher se trouve tout près du Golfe de Suez qui pourrait être le lieu d'où Moïse a fait traverser la mer Rouge au peuple juif en frappant l'eau avec son bâton", a-t-il dit. Jusqu'à présent, il existait trois anciennes routes reliant le Delta du Nil à l'ouest du Sinaï, mais elles se trouvaient plus au nord de celles découvertes par M. Abdel Razik, docteur en archéologie de l'université de Tubingen en Allemagne, qui dirige depuis trois ans une mission archéologique de l'université du Canal de Suez à Ismaïlia.

 

 Mai

Première découverte d'un temple pharaonique au nord du Sinaï.

Une mission archéologique égyptienne a pour la première fois découvert un temple pharaonique au nord de la péninsule du Sinaï. Le temple remonte au Nouvel empire (1600-1200 avant J.C.) et est dédié au dieu Horus. Il est construit en pierres séchées sur une surface de 2.400 m2 et regroupe douze salles. Les constructions se caractérisent par l'épaisseur des murs qui sont de 4 mètres tandis que celle du mur d'enceinte est de dix mètres. Des statuettes de divinités pharaoniques et de personnages en granit noir et en pierre sablonneuse ont été découvertes à l'intérieur du temple par la mission qui dépend du CSA. Leur nombre et leur forme n'ont pas été précisés.
Selon le CSA, cette découverte définit l'emplacement de Tharo, ville fortifiée édifiée par les anciens Egyptiens à l'entrée du sentier militaire, connu sous le nom de sentier Horus, qui reliait l'Egypte à la Palestine à travers le Sinaï et par conséquent, détermine l'emplacement de l'entrée Est de l'Egypte.

 

 Juin

Découverte d'une nécropole renfermant 200 momies recouvertes d'or.

« Une nécropole contenant 200 momies bien conservées et richement recouvertes d'or a été découverte dans l'oasis de Bahareya dans le désert occidental égyptien », a annoncé vendredi le président du Conseil supérieur des Antiquités (CSA), M. Gaballah Ali Gaballah. « La nécropole, qui remonte à l'époque greco-romaine (330 avant J.-C. - 400 après J.-C.), est composée de quatre tombes regroupant chacune cinquante momies retrouvées en piles alignées les unes contre les autres», a précisé M. Gaballah cité par l'agence de presse égyptienne MENA. « L'or couvrant les momies et le soin pris pour leur embaumement prouvent qu'elles appartenaient à de riches dignitaires et à des gouverneurs », a indiqué M. Gaballah. « Les momies se présentent sous divers aspects », a indiqué le directeur des Antiquités du Caire et de Guizeh, M. Zahi Hawwas, qui préside également la mission des fouilles. « Certaines portaient des masques dorés avec de superbes dessins artistiques d'anciennes divinités égyptiennes sur le torse. D'autres sont enduites de plâtre ou recouvertes de lin mais sans dessins, tandis que certaines momies étaient placées dans des sarcophages en terre cuite avec une représentation de tête humaine », a expliqué M. Hawwas, également cité par MENA.
La découverte d'une « extrême importance » a été révélée lors de fouilles menées depuis quatre ans par une mission archéologique égyptienne du CSA dans la ville de Bawiti (400 km au sud-ouest du Caire), dans l'oasis de Bahareya.« La mission poursuivra ses fouilles pendant plusieurs années pour pouvoir exhumer le reste des momies de la nécropole dont le nombre total est estimé à 10.000 dépouilles », a affirmé M. Hawwas, selon lequel la nécropole s'étend sur six kilomètres. « C'est la première fois qu'une nécropole contenant un nombre aussi important de momies ait été mise à jour. C'est pourquoi nous l'avons appelée la Vallée des momies ; à l'instar des Vallées des Rois et des Reines situées en Haute Égypte », a ajouté M. Hawwas, également cité par MENA. 
La mission a aussi retrouvé un pressoir pour la fabrication du vin, dont l'exportation avait consacré la renommée mondiale de l'oasis de Bahareya à l'époque greco-romaine, a-t-il ajouté. Les fouilles ont également révélé des pots en terre cuite figurant Bès, divinité représentée sous l'aspect d'un gnome, supposé divertir les fidèles par ses grimaces et ses danses et éloigner les mauvais esprits. Des statuettes de pleureuses, qui suivaient les processions funèbres, des amulettes et des pièces de jeux pour divertir le défunt dans l'au-delà figurent parmi les objets découverts dans la nécropole. Les études scientifiques effectuées sur l'une des momies a permis de révéler qu'elle était celle d'un Égyptien âgé de 50 ans et ne souffrant d'aucune maladie, a indiqué M. Hawwas, selon lequel la momie d'un enfant sera prochainement exposée au public.

 

 Juillet

Découverte en Egypte d'une grotte datant de l'âge de la pierre.

Une mission archéologique égypto-belge a découvert une grotte datant de l'âge de la pierre dans un petit port sur la mer Rouge, a annoncé le secrétaire général du Conseil supérieur des Antiquités, Gaballah Ali Gaballah. Selon lui, la grotte a été découverte dans la ville portuaire de Qoseyr, à 545 km du Caire.
"On a également trouvé des instruments et des gravures décrivant la vie quotidienne à cette époque", a indiqué de son côté Mohammad al-Soghayar, chef des Antiquités égyptiennes. Il s'agissait de haches,  outeaux et poinçons  fabriqués en granit et de gravures représentant des animaux, des oiseaux et des barques. Outre cette découverte, les archéologues ont repéré une autre grotte datant également de l'âge de la pierre, à 500 mètres du premier site.

 

 Juillet

Feu vert pour sauver un temple égyptien vieux de 2.500 ans.

Le ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni, a donné son feu vert lundi pour déplacer le Temple Hibis, vieux de 2.500 ans, afin de le sauver des eaux souterraines, a annoncé un responsable égyptien.
"Les travaux, qui dureront 30 jours, doivent être entamés la semaine prochaine pour transporter la base du temple, ses murs et ses colonnes à 300 mètres au nord du site actuel", a indiqué à l'AFP le secrétaire général du Conseil supérieur des Antiquités, Gaballah Ali Gaballah. S'exprimant à l'issue de la signature d'un contrat avec la compagnie égyptienne Arab contractors, M. Gaballah a précisé que "le projet coûtera 20 millions de livres égyptiennes (6 millions de dollars)". "Il  est aussi  important que celui exécuté par l'UNESCO (l'organisation des Nations unies pour la science et la culture) dans les années soixante pour transporter le célèbre Temple d'Abou Simbel" en Haute-Egypte.
Le Temple Hibis, situé dans l'oasis de Kharga (500 km au sud-ouest du Caire), mesure 42 mètres sur 20 mètres et 9 mètres de hauteur. Il est le plus important et le mieux conservé des temples égyptiens des oasis.
Le monument remonte à l'époque Saïte (26e dynastie, 666-524 av.JC), mais il a été achevé sous le règne du roi Darius (510-490 av.JC) au temps de l'occupation perse en Egypte. Il fut complété par les Ptolémées et les Romains. Le temple, qui était consacré à l'adoration du roi Ammon et de sa femme Mut, a été restauré au début du siècle. Menacé par les infiltrations d'eau, il est actuellement entouré d'échafaudages de bois.

 

 Août

La « Vallée des Momies ».

Imaginez 200 momies alignées côte à côte, certaines revêtues d'or, d'autres portant des masques. C'est la découverte réalisée par des archéologues égyptiens dans l'oasis de Bahariya, à 400 kilomètres au sud-ouest du Caire. Ces 200 momies richement vêtues ont été exhumées dans une nécropole gréco-romaine datant de 330 av. J.-C. à 400 ap. J.-C. Outre leur aspect fastueux, le soin particulier réservé à l'embaumement permet de penser qu'il s'agit des corps de personnages importants. Depuis quatre ans, une mission archéologique égyptienne du Conseil supérieur des antiquités (CSA) menait des fouilles dans la région. Zabi Hawwas, directeur des Antiquités du Caire et de Guizeh, a affirmé à l'AFP que « c'est la première fois qu'une nécropole contenant autant de momies est mise au jour. C'est pourquoi elle a été appelée la Vallée des Momies ». Plusieurs années seront nécessaires pour dégager la totalité de la nécropole. Longue de plusieurs kilomètres, elle contiendrait au total des milliers de dépouilles.

 

 Septembre

Une route empruntée par les pharaons pour chasser les Hyksos.

Une mission archéologique égypto-américaine a découvert la route empruntée par les pharaons pour chasser les Hyksos. Ces envahisseurs, dominés par une aristocratie indo-européenne, avaient conquis l'Égypte de 1730 à 1580 av J.-C. C'est grâce à certaines inscriptions des collines rocheuses en Haute Égypte, que la voie suivie par les armées des pharaons du Nouvel Empire pour repousser les Hyksos a pu être identifiée. Elle passait par le désert occidental égyptien, entre les villes d'Assiout (400 km au sud du Caire) et de Louxor (à environ 300 km plus au sud). Les inscriptions découvertes par la mission ont également permis de mettre en évidence les chemins qui reliaient les oasis du désert occidental à la vallée du Nil au temps des pharaons.

 

 Novembre

Découverte de la plus ancienne forme d'alphabet connu.

Des égyptologues viennent de découvrir des inscriptions gravées sur du calcaire qu'ils pensent être la plus ancienne forme d'alphabet connu. Elle pourrait être un lien entre les hiéroglyphes des anciens Égyptiens et les alphabets utilisés beaucoup plus tard, notamment en hébreu et en arabe. John Coleman Darnell, un gyptologue de la célèbre université américaine de Yale, et sa femme Deborah ont mis au jour des inscriptions sur des falaises de calcaire, à l'ouest de Louxor, alors qu'ils recherchaient des anciennes pistes caravanières. Les inscriptions, a indiqué Deborah Darnell à l'AFP, rappellent celles de l'écriture alphabétique présente dans la péninsule du Sinaï deux ou trois siècles plus tard. « On peut dire que ces inscriptions remontent au début du Moyen Empire (environ 1900 à 1800 avant Jésus Christ) en raison de leur forme et des informations dont nous disposons sur les types de peuples qui étaient présents dans cette région à cette époque et sur leur nom», a-t-elle précisé. Étudiante en égyptologie, elle prépare un doctorat à l'université de Chicago Un individu a pu être ainsi identifiée comme étant un chef militaire égyptien qui était accompagné de mercenaires, de marchands et de dignitaires, originaires de la région syro-palestinienne, qui empruntaient eux-mêmes une forme cursive d'écriture dérivée de l'écriture hiéroglyphique pour les transcrire en sons dans leur propre langue sémitique. 
« Jusqu'à présent, a ajouté Deborah Darnell, tout le monde pensait que les contacts entre les peuples qui avaient permis de parvenir à la naissance de l'alphabet n'avaient pu avoir lieu avant le début du Nouvel Empire ». Les inscriptions « ressemblent plus à de l'ancien égyptien ». À la lecture, selon elle, cela ne ressemble pas à une langue sémitique, mais la valeur des sons, celle des lettres et les groupes de mots que l'on peut déchiffrer sont très proche de l'Akkadien - la plus ancienne langue sémitique - et de l'hébreu. « Un des mots que l'on peut lire est roub, signifiant Seigneur ou maître. En arabe roub veut dire maître. Et Rabbi en hébreu vient également de cette racine » a précisé Deborah Darnell, ajoutant toutefois que très peu d'éléments ont pu être décodés jusqu'à présent.
Le couple d'égyptologues avaient découvert ces inscriptions lors d'une équipée en 1993-1994 à Ouadi al-Hol, au-delà de la Vallée des Rois, un site majeur de l'art pharaonique sur la rive gauche du Nil, près de l'ancienne capitale de la Haute Égypte, Thèbes. Le New York Times, a précisé que M. et Mme Darnell donneront une conférence sur leurs recherches le 22 novembre à Boston, à la Society of Biblical Literature.

 

 Décembre

Des secrets de la momification de l'Égypte ancienne dévoilés par Peter King.

Des étudiants en égyptologie à l'Université américaine du Caire (AUC) ont dévoilé cette semaine une part des secrets de la momification de l'ère pharaonique. Après trois mois d'expériences terminées, le groupe a réussi à momifier les carcasses de trois lapins et d'un canard.
Les animaux avaient été initialement enbaumés dans des sels de natron, selon une méthode rapportée par Hérodote, historien grec du 5e siècle av. J.-C., a expliqué à l'AFP Salima Ikram, assistante au Département d'égyptologie à l'AUC et responsable du projet. L'expérience se basait sur celles d'un chercheur égyptien qui avait réussi, au début du siècle, à momifier un canard, et de l'égyptologue américain Bob Brier qui a embaumé un corps humain à New York en 1994. Ikram, égyptologue pakistanaise, a réussi à vider deux lapins de leurs organes par incision cutanée, mais elle a surtout effectué une première en vidant un troisième animal grâce à un lavement à la térébenthine. La solution utilisée, à base d'huiles et de genièvre, a cependant affecté l'aspect extérieur du corps, ce qui explique, selon Ikram, que les anciens Égyptiens ne l'utilisaient pas pour embaumer des corps humains. L'aspect extérieur de la momie était primordial pour les anciens Égyptiens, qui croyaient à la vie de l'âme après la mort, dit Ikram, ajoutant toutefois qu'une telle solution pouvait être employée pour des animaux non sacrés. « Si (le corps) conserve l'aspect qu'il avait de son vivant, s'il ne sent pas trop mauvais et s'il ne pourrit pas, alors c'est réussi », a-t-elle affirmé.
Suivant les recettes anciennes pour garantir au processus de momification son authenticité, le groupe de chercheurs a tenu à employer les ingrédients, sels et huiles, employés par les anciens Égyptiens. Les quatre lapins utilisés pour l'expérience ont d'ailleurs été fournis par une boucherie locale, ont-ils affirmé. Shingo Kukagawa, étudiant japonais en égyptologie à l'AUC, a reproduit des incantations en hiéroglyphes sur les toiles de lin recouvrant les corps, utilisant pour cela une encre composée selon une recette ancienne. Son collègue, l'étudiant grec Nicholas Lazaridis, s'est chargé de la lecture de ces incantations durant la cérémonie d'embaumage. Des bouffées de résines d'encens ont été utilisées pour « désodoriser et rendre plus hygiénique » les carcasses, et pour coller les toiles de lin. La momification en elle-même a été réalisée au laboratoire de biologie de l'université, mais l'assèchement des corps a été mené pendant trois semaines sur le toit du bâtiment. « Nous avons découvert qu'il vaut bien mieux faire l'assèchement en plein air, sous le soleil et le vent », explique Ikram, ajoutant que les propriétés désinfectantes des rayons ultraviolets préviennent la multiplication des bactéries. 
Aucune momie de lapin n'a été conservée de l'Antiquité. Mais les musées offrent des exemples de chats, de crocodiles et de canards momifiés. Ikram et son collègue Nasri Iskander ont effectué des radiographies sur différents spécimens conservés au Musée national du Caire pour dévoiler les secrets des techniques d'ensevelissement des corps et de la manière dont les organes des animaux étaient retirés par les anciens Égyptiens. Alors que trois lapins ont bien été momifiés dans les règles, Ikram a expliqué que le quatrième, dont les organes n'avaient pas été retirés, avait « explosé » et s'était mis très vite « à se putréfier ». Deux étudiants américains, Bill Clifford and Matt Wetherbee, faisant partie du même groupe, ont par ailleurs réussi à momifier un canard avec toutes ses plumes. Malgré leurs inquiétudes, « il a gardé toute sa forme », a déclaré M. Clifford à l'AFP. Les momies doivent maintenant être radiographiés pour être comparées à celles conservées dans les musées. 

 

Copyright © C. ORSI 2000-03

Dernière mise à jour : 26/01/2003