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PROPHETIE et LAMENTATION
{Extraits}
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Les prophéties

Extrait de la prophétie de Néferty.
Un roi viendra du sud, qui s'appellera Ameni… Il prendra la couronne blanche, il portera la couronne rouge; il unira les deux diadèmes et il réjouira les deux dieux nationaux de ce qu'ils aiment.
Réjouissez-vous, hommes de son époque! Le fils d'un homme se fera un nom pour toute l'éternité...
La justice reviendra à sa place et l'injustice sera chassée. Qui verra cela et qui le servira s'en réjouira.

Les lamentations

Extrait des lamentations d'Ipouer.
C'est donc ainsi: l'homme doit aller labourer muni d'un bouclier…
C'est donc ainsi: le visage est blême et l'archer est équipé, car le crime est partout; l'homme d'hier n'existe plus. Voyez donc, le pillard…
C'est donc ainsi: le Nil frappe {ses rives} et pourtant on ne laboure pas; chacun dit: «Nous ne savons pas ce qui est arrivé à travers le pays».
C'est donc ainsi: les femmes sont stériles, car on ne conçoit plus; et Knoum ne crée plus à cause de l'état du pays.
C'est donc ainsi: les hommes démunis sont devenus propriétaires de richesses; celui qui ne pouvait faire pour lui-même une paire de sandales possède des monceaux…
C'est donc ainsi: beaucoup de morts sont jetés au fleuve; le flot est une tombe et la Place Pure est maintenant dans les flots.
C'est donc ainsi: les riches se lamentent, les miséreux sont dans la joie; et chaque ville dit: «Laissez-nous chasser les puissants de chez nous».
C'est donc ainsi: le peuple est semblable aux ibis, et les souillures sont à travers le pays; personne ne porte de vêtement blancs, en ce temps.
C'est donc ainsi: le pays tourne comme un tour de potier; le voleur est en possession des trésors…
C'est donc ainsi: le fleuve est de sang; si l'on en boit, on le rejette, car {ce sang} vient des hommes, et l'on a soif d'eau.

Extrait des lamentations d'Ipouer.
Voyez donc ce qui ce produit: le pays est privé de la royauté par quelques personnes dépourvues de raison.
Voyez, le secret de ce pays dont on ne connaît pas les frontières est trahi: la Résidence s'est écroulée en une heure.
Voyez, le pays est rempli de bandes: les misérables dérobent son bien au puissant.
Voyez, celui qui ne pouvait pas se fabriquer un sarcophage possède maintenant une tombe.
Voyez, les fonctionnaires se sont dispersés à travers le pays.
Voyez, le riche dort en ayant soif, celui qui lui demandait auparavant ses restes possède maintenant la bière forte.
Voyez, ceux qui possédaient des habits sont maintenant en haillons; ceux qui ne tissaient pas pour lui auparavant possède maintenant du lin fin.
Voyez, celui qui ne savait pas jouer de la harpe possède maintenant une harpe.
Voyez, les pauvres du pays sont devenus les riches; celui qui possédait quelque chose est maintenant quelqu'un qui n'a rien.
Voyez, celui qui n'avait pas de pain possède maintenant une grange; mais ce qu'il y a dans son grenier est le bien d'un autre.
Voyez, aucune fonction n'est plus à sa bonne place, ils sont comme un troupeau effarouché sans berger.

Extrait du dialogue d'un désespéré avec son âme.
La mort est devant moi aujourd'hui, comme lorsqu'un malade guérit, comme lorsqu'on sort après la maladie.
La mort est devant moi aujourd'hui, comme l'odeur de la myrrhe, comme lorsqu'on s'assied sous les voiles un jour de vent.
La mort est devant moi aujourd'hui, comme l'odeur des fleurs de lotus, comme lorsqu'on est assis sur la rive de l'ivresse.
La mort est devant moi aujourd'hui, comme lorsque quelqu'un souhaite revoir sa maison, après avoir passé de nombreuses années en captivité.


Prophéties et Lamentations
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Dernière mise à jour : 05/02/2003