D'emblée, on est plus étonné de la
grande majesté de ce dieu, que frappé de cette impudeur tranquille
qui permit aux
Grecs de l'identifier
au grand Pan.
Le corps mince, figé dans un garde-à-vous
sévère, est comme étiré par les deux très
hautes plumes qui coiffent l'idole. Le peu de peau qu'un fin maillot collant
laisse découverte est d'un noir profond, puisque le rite voulait
que les statues de Min fussent ointes d'une substance vivifiante faite
de bitume et d'ingrédients carbonisés. Le bras droit est
levé à l'équerre et le fouet royal, symbole de terreur
salutaire, flotte au-dessus de sa main ouverte, l'autre bras glisse sous
le vêtement et la main entoure la racine du phallus divin immense
et raide.
Telle est l'image calme en qui s'incarnait la divinité
redoutable du « taureau qui couvre les femelles », maître
générateur dont la procession ouvrait le temps des moissons
et auquel on offrait solennellement des pieds de romaine, cette salade
à sève blanchâtre, étant chargée, croyait-on,de
vertus aphrodisiaques.
Il est le saint patron d'Akhmîn
et de Coptos, protecteur attitré des routes arabiques.