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LE NOM
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Qu'il soit celui d'un dieu, d'un roi, d'un homme ou d'une bête, le nom personnel est bien plus qu'un signe d'identification. Il est une dimension essentielle de l'individu. L'Égyptien croit au pouvoir créateur et contraignant du mot. Le nom sera chose vivante. Celui que l'on donne à son enfant est un remerciement au dieu, un cri de bonne augure lancé durant les couches, un souhait en faveur du nouveau né, voire une malédiction dirigée contre les ennemis de l'Égypte. Tout nom ainsi est traduisible et lourd de signification: Chéops « qu'il me protège », Ramsès « Rê l'a créé ».

Naturellement, en écrivant le nom d'une personne, en le disant, on la fait vivre et survivre. Mais, dans un autre sens, il suffit de le savoir pour avoir prise sur elle. En disant: « Je te connais, sachant ton nom », le voyageur en l'autre monde se concilie les génies infernaux. Savoir le nom, c'est pouvoir envoûter et même anéantir.

En politique rien de mieux que le martelage, sur les monuments, des cartouches d'un ennemi défunt: Hatshepsout, Akhnaton, sont ainsi morts absolument. Aucune opposition ne peut raisonnablement se réclamer d'un leader qui n'existe pas. Des dieux mêmes, Amon sous Akhnaton, Seth devenu impur, furent graphiquement annihilés. Quant à celui qui a commis un acte criminel, il s'expose à toute une série de pénalités onomastiques: indignité partielle, attribution d'un sobriquet, condamnation à l'anonymat présent et posthume.
 
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Dernière mise à jour : 12/02/2003