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OBELISQUE
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Ce terme (du grec obeliskos "broche à rôtir") désigne un long bloc de pierre, quadrangulaire à la base, qui s'élève en s'affinant pour se terminer en pointe, dont le pyramidion était recouvert d'or. Les Égyptiens l'appelaient tekhen et en avaient fait le symbole du dieu-soleil d'Héliopolis, Rê; il est alors étroitement lié au phénix. Leurs faces étaient couvertes d'inscriptions dédicatoires, frappées du cartouche du pharaon qui les avait fait édifier, ce qui nous permet de les dater avec précision.
 

Obélisque inachevé dans une carrière de granit près d'Assouan. Sont poids est estimé à près de 1 200 tonnes. Par sa longueur totale de 42m, il serai devenu le plus grand de tous les obélisques.

Grâce aux représentations égyptiennes et aux monuments en place dans les carrières (obélisque non terminé d'Assouan), nous savons qu'ils étaient taillés sur place, et extraient en un seul bloc. Ils étaient alors traînés jusqu'au Nil et embarqués sur une énorme barge traînée par plusieurs bateaux à rames, pour être conduit vers le temple auquel ils étaient destiné. Ils étaient alors mis en place grâce à une rampe en terre au bout de laquelle on les faisaient basculer pour les dresser.
 

L'érection d'un obélisque, d'après Henri Chevrier.

Né du culte prédynastique d'une pierre dressée, sur laquelle se posait le soleil à son lever, l'usage architectural de l'obélisque se répandit d'Héliopolis dans toute l'Égypte. On le voit apparaître pour la première fois dans les temples solaires de la Ve dynastie, où il est le centre du sanctuaire et couronne une pyramide tronquée. C'est alors un monument massif, relativement bas et trapu qui devait atteindre dans les 36 m de hauteur. C'est aussi de la Ve dynastie que sont datés de petits obélisques en calcaire qu'on plaçaient de part et d'autre des portes des tombes, en particulier à Héliopolis, Memphis et Gizeh. Les obélisques se multiplient au cours du Nouvel Empire. On les dresse alors par paires, de part et d'autre des entrées des pylônes; parfois, lorsque le culte solaire revient en faveur, on voit des obélisques uniques, élevés sur l'axe des temples {comme à Karnak}.
 

Inscription sur la base de l'obélisque d'Hatshepsout à Karnak.
Elle fit ceci comme son monument pour son Père Amon, le Seigneur du Trône des deux terres à Karnak: elle Lui éleva deux grands obélisques faits de solide granit du sud dont le sommet, couvert du meilleur électrum de tous les pays étrangers, peut être aperçu des deux rives du fleuve. Leur lumière inonde l'Égypte quand, à son lever à l'horizon du Ciel, le soleil apparaît entre eux. J'étais assise dans mon palais et je pensais à mon créateur; mon coeur m'induisit à Lui élever, dans la sublime salle à colonnes, entre les deux grands pylônes du Roi Thoutmosis Ier, deux obélisques dorés dont les pyramidions se confondraient avec le ciel… Chacun d'eux consiste en un seul bloc de granit solide et sans faille, non de blocs assemblés. Ma Majesté en réalisa le travail depuis le premier jour du deuxième mois d'hiver de l'an 15 jusqu'au trentième jour du quatrième mois d'été de l'an 16. Cela prit sept mois de travail dans la carrière. J'ai agi pour Lui dans un esprit parfait, comme le fait un Roi pour tout dieu. C'était mon désir de les faire pour Lui et qu'ils soient couverts d'électrum… Dans ce but, j'ai donné de l'électrum de première qualité. Je l'ai pesé par sacs comme on le fait pour le grain… On ne pourra pas trouver quelqu'un qui, entendant cela, dise que ce que Moi j'ai dit est de l'exagération, mais il dira plutôt: « Comme ce travail lui ressemble, comme il est juste en face de Son Père Amon ».

 

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Bibliographie
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Dernière mise à jour : 12/02/2003