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PAPYRUS
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Le mot papyrus revient souvent tout au long des pages de ce serveur, mais sous trois sens différents:

Dans les zones marécageuses, fort vastes dans l'ancienne Égypte, surtout dans le Delta « Terre des papyrus », le « papyrus primaire », accroché dans la boue, lance sa tige à section triangulaire et son ombelle chevelue à des hauteurs prodigieuses {jusqu'à 6m}. Il se multiplie en fourrés épais, créant des forêts. Le papyrus sera l'image vigoureuse du monde en gestation, transformé en colonne, il supporte le temple. Verdoyant et vivace, signe de joie et de jeunesse, il est le sceptre magique des déesses. Il sert à former des bouquets, emblèmes de triomphe et d'allégresse que l'on offre aux dieux et aux morts. On le retrouve aussi peint sur les murs des mastabas.

Héritage des jours primordiaux, les papyrus abritent encore un monde mystérieux, où Isis et son fils Horus s'étaient cachés. Dans cette forêt s'agitent toute une faune: petits quadrupèdes, reptiles, insectes. Au-dessus tournent les oiseaux, les bovins s'ouvrent des couloirs dans la verdure. Implanté durant l'antiquité en Sicile, en Palestine, le papyrus y pousse toujours. En Égypte par contre le comblement progressif des marais et l'industrie, ont fait disparaître l'ombellifère autrefois primordiale et sacrée.

Jadis dans les fourrés sauvage, plus tard dans les parcs de culture, les ouvriers tranchaient un à un les papyrus, chargeaient les bottes sur leur dos et les portaient aux ateliers. Ce travail était très dur physiquement. Le papyrus servait à tout et était totalement utilisé. Des faisceaux de tiges noués formaient des barques légères. Le bas des tiges était une friandise agréable à mâcher. De l'écorce on faisait des câbles, des voiles, des nattes, des paniers, des sandales, des pagnes pour le petit peuple. De la moelle fibreuse, on tirait, depuis les temps prédynastique, un fin papier, blanc, souple, ne buvant pas, et jaunissant assez peu avec le temps.

Le procédé de fabrication du papyrus nous est connu, et a été vérifié expérimentalement par des papyrologues. Couper la tige en tronçons dont la longueur, variable selon les époques, donnera la hauteur de la « feuille » {maximum 47cm}. Cliver le tissu au couteau, l'aplatir au marteau. Juxtaposer à plat les lamelles ainsi obtenues, en deux lits superposés, se couvrant à angle droit. Mouiller, puis frapper longuement, durement {la discipline militaire exigeait que le puni soit « battu comme papyrus »}. Coller les feuillets terminés par leur long côté. Vingt feuillets constituant un rouleau standard, mais bien entendu, on peut, s'il le faut, juxtaposer plusieurs rouleaux {le plus long papyrus connu mesure autour de 40m}, ajouter des « pages » supplémentaires, recouper la bande en hauteur ou en longueur selon les besoins ou le « format » indiqué pour le type d'ouvrage que l'on veut composer. La bande obtenue est roulée en mettant les fibres horizontales, le recto sur lequel on écrit d'abord, à l'intérieur.

En hiératique, en démotique, le scribe, accroupi, transcrira sur ces rouleaux, les ordres, les rapports, les comptes. Le savant y consignera sa science {« papyrus médicaux, mathématiques »}. L'artiste y élaborera la décoration sacrée des temples et des tombes. Le lettré transmettra ses oeuvres. Le copiste des maisons de vie fournira le prêtre en rituels, les morts en textes funéraires. Et le commerce emportera vers la Palestine, la Grèce les rouleaux de papyrus sur lesquels des étrangers coucheront leurs pensées et leurs révélations. Sans le papyrus d'Égypte et l'ingéniosité des Égyptiens, nos connaissances sur l'antiquité classique seraient bien moins étendues.
 

Bibliographie

Papyrus

Papyrus copte
Papyrus démotique
Papyrus grec
Papyrus Hiératique
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Dernière mise à jour : 12/02/2003