|
Menu |
![]() |
|
![]() |
Identifié à Typhon par les Grecs {« typhonien » est donc synonyme de « sethien »}.Le porc, l'âne, l'hippopotame, l'oryx du désert procédaient de ce dieu suspect, mais lui même s'incarnait dans une bête élégante et bizarre: corps levretté, longue queue roide et fourchue, museau effilé et busqué, oeil mongol, hautes oreilles droites et biseautées. Conjectures naturalistes: porc, âne, girafe, chien, fourmilier, okapi.
En fait, ce fut une idole immémoriale déformant fantastiquement les traits d'une ou de plusieurs espèces. Lorsque l'on a lu la vie d'Osiris chez le symboliste Plutarque, on ne voit plus en Seth que le mal. Certes, le dieu « rouge » ne fut jamais l'amabilité personnifiée, l'animal typhonien fut traditionnellement associé aux images d'orages et aux idées de violence, les vieux mythes en font bien le meurtrier d'Osiris et le rival agressif du jeune Horus dont il creva un oeil {en réponse de quoi Horus l'émascula}. Mais après tout la tempête et la brutalité ne sont-elles pas fondamentales quand Seth, « à la proue du vaisseau de Rê », perce l'horrible Apopis de sa lance? Et d'autre part, ne voyons nous pas, pendant des siècles, le roi n'éprouver que de la gloire à être « l'Horus et le Seth ».
Les rois Hyksôs, campés dans Avaris, ville de Seth, prirent ce dieu pour leur Baal, sans lui faire grief de cette compromission, les Thoutmosides guerriers se comparèrent à Seth « en pleine rage », Séthi fut son filleul et Ramsès son fidèle dévoué. En ces temps-là, il ne personnifiait pas l'aridité, il patronnait la production des oasis.
La faveur croissante d'Osiris auprès des masses
mi fin à cette honorable carrière, vers le 8e
siècle av J.C., on se mit à chanter la défaite de
Seth contre Horus, son émasculation, son écorchement, sa
mise au bûcher. Ses effigies furent parfois « récupérées
» au profit de l'illustre
Amon:
on en tranche les longues oreilles et on les affuble des cornes amoniennes.
Mais le plus souvent, les images et le
nom
de Seth furent détruits avec fureur sur les anciens monuments. L'interdit
fut jeté sur ses villes. D'un dieu à la grande vaillance
on fit un vil
démon.
|
|
| Copyright © C. ORSI 1998-03 |
Dernière mise à jour : 20/02/2003
|