L'an 18 de l'Horus Néterkhet, le roi de
Haute et Basse Égypte Néterkhet, celui des Deux Maîtresses
Néterkhet, l'Horus d'or Djéser {il parle:} «J'étais
dans l'affliction sur mon grand trône, et ceux qui sont dans le palais
étaient dans la tristesse. Mon coeur était dans une si grande
peine, car le Nil n'était pas venu à temps pendant une durée
de sept ans. Le grain était peu abondant, les graines étaient
desséchées, tout ce qu'on avait à manger était
en maigre quantité… L'enfant était en larmes; le jeune
homme était abattu; les vieillards, leur coeur était triste,
leurs jambes étaient repliées, tandis qu'ils étaient
assis par terre… Alors je me suis plu à me retourner vers le
passé et j'interrogeais un homme du personnel de l'Ibis, le chef des
prêtres-lecteurs, Imhotep. «En quel endroit naît le Nil?»,
lui demandai-je, «quel dieu s'y repose, pour qu'il me seconde?»
{Imhotep répondit:} «Il y a une ville au milieu de l'eau: le
Nil l'entoure. Son nom est Éléphantine; Khnoum est là,
comme dieu.»
{C'est avec joie que le roi découvre alors le
tableau des richesses dont Khnoum est le maître. Il ordonne un grand
sacrifice en l'honneur de Khnoum et des divinités qui l'accompagnent,
Satis et Anoukis. Ensuite Khnoum lui apparaît en songe et lui parle:}
«Je suis Khnoum, ton créateur; mes bras sont derrière
toi pour enserrer ton corps… Je suis le seigneur qui crée,
je suis celui qui s'est créé lui-même, le très
grand Noun, celui qui existait dès l'origine des temps, Hâpy
qui court à son grès… Je ferai monter pour toi le Nil…
La disette finira… Leur coeur sera gai plus qu'auparavant.»
{Le roi poursuit:} «Alors je m'éveillais;
tandis que mes pensées reprenaient cours, ayant quitté mon
immobilité, je fis ce décret en faveur de mon père Khnoum…
en échange de ce que tu fais pour moi.» |