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Le dieu lunaire à forme d'ibis ou de babouin, fut sans doute adoré en plusieurs points d'Égypte, c'est pourtant dans le nome d'Héliopolis qu'il reçut le plus d'hommage.
C'était, en ce lieu, un nouveau venu qui trouvait,
déjà installés, un lièvre divin, huit dieux
grenouilles et serpents et un babouin. Il fit place
nette: le lièvre ne subsista que dans le nom du nome, les huit dieux
devinrent l'ogdoade des premiers
temps, et le babouin dût voisiner avec l'ibis, pour pouvoir incarner
la forme immatérielle de Thot.
| Thot, le protecteur des scribes représenté sous la forme d'un babouin. | |
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Il semble avoir régné sur tout ce qui comportait une opération intellectuelle: l'établissement de l'écriture, la séparation des langages, et par suite l'annalistique et les lois. Il est le patron des scribes, mais il est aussi le dieu qui compte, le manieur de chiffres, c'est à dire le calculateur du temps, des années, du calendrier, le régent des divisions temporelles. Ces multiples aptitudes ont toujours fait de lui, dans les récits de la mythologie, le secrétaire avisé des dieux, le gratte-papier indispensable à toute action divine. Mais elles lui ont également valu d'autres prérogatives. Sa maîtrise des hiéroglyphes et des paroles divines fait de lui un redoutable magicien, celui qui, par sa connaissance des articulations créatrices du langage, peut susciter à volonté ce qu'il désire voir naître, c'est ce qui explique le fait qu'il ait été considéré, par les théologiens de Memphis, comme la langue de Ptah, c'est à dire comme l'expression verbale par laquelle le dieu donne l'existence à l'univers. |
Dans d'autres textes, et toujours selon les mêmes idées, il est le « coeur de Rê », l'essence même de sa pensée créatrice {le coeur étant l'organe de la pensée}. Dieu du verbe divin, Thot le grand paperassier, est aussi le patron des magiciens, celui qui connaît les formules magiques nécessaires à la guérison des malades {n'avait-il pas guéri Horus enfant, piqué par un scorpion dans les marais du Delta?}.
La bibliothèque d'Hermopolis, sa capitale était
célèbre, et l'on évoquait volontiers ses cryptes secrètes
où se trouvaient déposés les rouleaux sacro-saint
écrits de la main même du dieu: le
conte
démotique de Satni rapporte la quête du livre divin de Thot,
qui devait permettre d'enchanter le ciel, la terre, les eaux et le monde
inférieur et les tristes mésaventures qui frappèrent
l'imprudent qui osa pénétrer ce redoutable secret.
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Dernière mise à jour : 20/02/2003
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