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LE VIZIR
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Par convention les égyptologues traduisent par "vizir" {ministre d'un souverain musulman} le titre égyptien tchaty. Ce titre apparaît sous le règne de Snéfrou et fut porté pour la première fois par Néfermaât. Mais cette fonction, sans le titre de tchaty, était déjà occupée par Imhotep, sous le roi Djoser. Sous l'Ancien empire, le vizir était choisi parmi les membres de la famille royale. A l'époque thébaine le titre échoit à un fonctionnaire distingué pour ses grandes qualités. Au Nouvel Empire, la fonction fut divisée entre un vizir du Sud, en charge à Thèbes, et un vizir du Nord, en charge dans la résidence septentrionale (Memphis, Pi-Ramsès, Lisht). La fonction de vizir s’affaiblit avec l'avènement de la théocratie, à la Troisième Période Intermédiaire.

Les responsabilités du tchaty sont immenses, son protocole est vaste et varié, et on exigeait pour ce poste, de plus haut dignitaire du pays, un scribe qui soit «savant entre les savants». Il est le chef de toute la bureaucratie égyptienne.

Ministre de l'intérieur, il reçoit les rapports des nomarques, contrôle la répartition des terres, l'administration des corps de métiers, dirige la police, recrute l'armée. Il scelle les "décrets" promulgués par le pharaon.  Ses messagers {oupout} apportent ses ordres, font des enquêtes pour son compte, vont contrôler directement l'administration au fond des provinces.
On lui annonce les phénomènes naturel: lever héliaque de Sothis, arrivée de la crue, pluies épisodiques, pour qu’il donne l'ordre aux administrateurs locaux d'édifier les digues, de préparer le sol arable. Il fixe les taxes sur les récoltes, calcule les arriérés, surveille l'acheminement et la répartition du gros bétail. Il règle la circulation des biens et des forces productives en contrôlant les rotations des bateaux et le déplacement des milices là où le besoin se fait sentir. Il peut mobiliser ces forces productives pour des taches spéciales: construction ou restauration d'édifices, cérémonies royales, préparation des monuments funéraire du pharaon.
Ministre de la Justice, il préside la Cour suprême et divers conseils de fonctionnaires. Il compulse les écrits pour apprécier le bien-fondé des requêtes, trancher en fonction des règlements, et appliquer les sanctions selon les " lois ".
Maître des Finances, le directeur du Sceau vient lui rendre compte chaque matin de la gestion du Trésor, et c'est lui qui est chargé de recevoir le tribut. Il veille à la conservation des produits précieux. Il en assure l'approvisionnement en dépêchant des expéditions aux mines et aux carrières, ou aux comptoirs lointains.
Il doit aussi veiller à l’approvisionnement des temples en offrande divine.

Pour son travail le vizir possède, dans son office, d'importantes archives. Il conserve, non seulement la copie des actes privés, en particulier les actes de "imyper" {transfert de biens}, mais aussi les registres cadastraux des terres cultivables, auxquels on se réfère en cas de litige au moment de mesurer les superficies imposables. Le vizir a, bien entendu, droit d'accès aux archives des autres institutions, qui sont tenues de lui communiquer les documents exigés.
 
Bibliographie

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Dernière mise à jour : 26/01/2003